Observer les vers de terre d’une parcelle, photographier les insectes pollinisateurs d’une haie ou compter les oiseaux de son jardin : ces gestes simples nourrissent aujourd’hui de vrais programmes de recherche. Les sciences participatives dédiées à la biodiversité permettent à n’importe quel agriculteur, jardinier ou habitant de contribuer à des bases de données nationales, sans matériel coûteux ni formation scientifique. Voici un comparatif à jour (mise à jour : 31 juillet 2026) des quatre dispositifs français les plus solides, avec leurs critères objectifs — public visé, protocoles, ancienneté et volume de données — pour choisir celui qui correspond à votre terrain.
Pourquoi participer à un observatoire de biodiversité ?
Ces programmes sont coordonnés par des institutions scientifiques reconnues (Muséum national d’Histoire naturelle, instituts techniques agricoles, associations naturalistes) qui exploitent les observations pour suivre l’évolution des espèces face aux pratiques agricoles, à l’urbanisation ou au changement climatique. Pour un exploitant, c’est aussi un moyen concret de documenter les indicateurs de biodiversité de sa ferme, utiles notamment dans le cadre de certifications comme la Haute Valeur Environnementale, un sujet suivi de près en science et agronomie.
Comparatif des 4 dispositifs
| Dispositif | Public | Ce qu’on observe | Créé en | Coordination | Volume récent |
|---|---|---|---|---|---|
| Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB) | Agriculteurs, conseillers, enseignants agricoles | Vers de terre, abeilles solitaires, papillons, invertébrés terrestres, chauves-souris | 2009 (ouvert aux volontaires en 2011) | MNHN, Université de Rennes 1, CNRS (LADYSS) | Environ 400 fermes engagées dans 43 départements |
| Spipoll (Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs) | Tout public, jardins et parcelles | Photo des insectes posés sur une même espèce de fleur pendant 20 minutes | Mars 2010 | Vigie-Nature (MNHN) et OPIE | Programme national actif, données en continu |
| Oiseaux des jardins | Tout public, jardins et espaces verts | Comptage des oiseaux pendant 1 heure lors des week-ends nationaux | Programme Vigie-Nature / LPO | MNHN et Ligue pour la Protection des Oiseaux | Comptage national les 30-31 mai 2026 |
| Sauvages de ma rue | Tout public, milieu urbain | Identification des plantes spontanées des trottoirs, pieds de mur, pieds d’arbres | 2015 (programme fêtant ses 10 ans en 2025) | Tela Botanica et laboratoire CESCO du MNHN | 10 300 observations, 866 espèces, 134 communes en 2025 |
Quel dispositif choisir selon votre situation
- Vous exploitez des parcelles agricoles : l’OAB est le seul dispositif pensé spécifiquement pour les pratiques agricoles, avec des protocoles adaptés aux vers de terre (fertilité du sol) et aux pollinisateurs sauvages.
- Vous avez un jardin ou un verger : Spipoll et Oiseaux des jardins se complètent bien, l’un sur les insectes, l’autre sur l’avifaune, pour un suivi saisonnier.
- Vous vivez en zone urbaine ou péri-urbaine : Sauvages de ma rue valorise la flore spontanée souvent perçue comme de simples « mauvaises herbes ».
- Vous voulez une exploitation pédagogique : plusieurs de ces programmes proposent des déclinaisons pour les établissements d’enseignement agricole et les écoles, en lien avec la vie à la campagne.
Comment démarrer
L’inscription se fait en ligne, gratuitement, sur la plateforme de chaque observatoire. Aucun matériel spécifique n’est requis au-delà d’un appareil photo ou d’un smartphone pour Spipoll, et d’une simple observation à l’œil nu pour l’OAB et Oiseaux des jardins. Les données saisies rejoignent une base nationale consultable, qui sert ensuite aux chercheurs pour documenter les tendances de long terme — un enjeu suivi de près dans le monde agricole comme par les gestionnaires d’espaces naturels.
Questions fréquentes
Faut-il des connaissances en botanique ou en entomologie pour participer ?
Non. Ces quatre dispositifs sont conçus pour des débutants : des fiches d’identification, des applications et des forums d’entraide accompagnent chaque protocole, et les experts valident ensuite les observations à distance.
Ces observations ont-elles une utilité scientifique réelle ?
Oui. Les données alimentent des bases nationales utilisées dans des publications scientifiques et des rapports publics, notamment pour suivre l’effet des pratiques agricoles ou de l’urbanisation sur la biodiversité ordinaire.
Peut-on cumuler plusieurs dispositifs sur une même exploitation ou un même jardin ?
Tout à fait, et c’est même recommandé : associer par exemple l’OAB pour les parcelles cultivées et Oiseaux des jardins pour les abords de la ferme donne une vision plus complète de la biodiversité présente.

