« Mélange de miels originaires et non originaires de l’UE. » Cette formule, longtemps imprimée en petits caractères au dos des pots, aura bientôt disparu. À partir du 14 juin 2026, l’étiquetage du miel change dans toute l’Union européenne : les pays de récolte devront apparaître, avec leur pourcentage, dans le champ visuel principal de l’étiquette.
Ce que prévoit la directive « petit-déjeuner »
La directive (UE) 2024/1438 du 14 mai 2024, dite directive « petit-déjeuner » parce qu’elle révise aussi les règles applicables aux confitures et aux jus de fruits, impose une transparence nouvelle sur les mélanges de miel.
Concrètement, tout pot contenant un mélange de provenances devra faire apparaître :
- l’ensemble des pays de récolte, classés par ordre décroissant de poids ;
- le pourcentage que représente chacun dans le mélange ;
- le tout dans le champ visuel principal de l’étiquette — c’est-à-dire la face que vous voyez en rayon, et non une mention reléguée au dos.
Une marge d’erreur de 5 % est admise sur les pourcentages, pour tenir compte des aléas de fabrication. Et lorsque le mélange comporte plus de quatre pays d’origine et que les quatre principaux représentent plus de 50 % du total, seuls ces quatre pays doivent afficher un pourcentage.
Pourquoi c’est un vrai changement
Jusqu’ici, la mention générique autorisée permettait de commercialiser un mélange sans jamais nommer les pays d’origine ni leurs proportions. Un pot pouvait ainsi contenir très majoritairement du miel importé sans que l’acheteur puisse le savoir. Le miel figure par ailleurs parmi les produits alimentaires les plus exposés aux pratiques de fraude à l’échelle mondiale, ce qui a nourri la demande de traçabilité portée de longue date par les apiculteurs européens.
Pour la filière française, l’enjeu est direct : la production nationale ne couvre pas la consommation, et l’écart est comblé par l’importation. Un étiquetage explicite rend enfin comparables, en rayon, un miel de récolte française et un assemblage international vendu au même prix.
Comment choisir un pot dès aujourd’hui
En attendant l’entrée en application, quelques repères restent valables :
- Cherchez une origine unique et nommée. « Miel de France », « récolté en Provence », un nom de producteur et une commune : plus l’information est précise, moins il y a d’assemblage.
- Méfiez-vous du prix plancher. Un miel très bon marché en grand conditionnement est presque toujours un assemblage d’importation.
- La cristallisation n’est pas un défaut. C’est un phénomène naturel qui dépend du rapport entre glucose et fructose : les miels de colza ou de tournesol cristallisent vite, l’acacia reste liquide longtemps. Un miel qui reste indéfiniment fluide et parfaitement homogène mérite plutôt un examen.
- Privilégiez la vente directe quand vous le pouvez : c’est le circuit où la traçabilité est la plus simple à vérifier, et où la question « d’où vient ce miel ? » trouve une réponse immédiate.
Le sujet rejoint plus largement celui de la provenance dans l’assiette, que nous suivons dans Produits du terroir et Monde Agricole.
Ce qui reste à préciser
Les États membres doivent transposer la directive dans leur droit national. Certaines modalités pratiques — taille des caractères, gestion des lots en cours, articulation avec les mentions valorisantes existantes — relèvent de textes d’application. Les apiculteurs et les conditionneurs disposent de la période courant jusqu’au 14 juin 2026 pour adapter leurs étiquettes et leurs systèmes de traçabilité.
Questions fréquentes
À partir de quand les nouvelles étiquettes seront-elles obligatoires ?
Les nouvelles règles d’étiquetage du miel s’appliquent dans l’ensemble de l’Union européenne à compter du 14 juin 2026.
Faut-il indiquer le pourcentage de chaque pays ?
Oui, par ordre décroissant de poids, avec une tolérance de 5 %. Exception : si le mélange comporte plus de quatre pays et que les quatre principaux dépassent 50 % du total, seuls ces quatre affichent un pourcentage.
La mention « mélange de miels UE et non UE » disparaît-elle ?
Elle cesse d’être suffisante : la directive impose de nommer les pays de récolte dans le champ visuel principal, ce que cette formule générique ne permettait pas.

