Nouveau Nutri-Score : pourquoi vos produits habituels ont changé de note

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Vous avez peut-être remarqué qu’un produit habituellement noté B affiche désormais un C, sans que sa recette ait changé. Ce n’est pas une erreur d’impression : le Nutri-Score a changé de mode de calcul. L’arrêté du 14 mars 2025 a acté un nouvel algorithme, applicable depuis le 16 mars 2025, avec une période de transition de deux ans pour laisser les industriels adapter leurs emballages.

Pourquoi l’algorithme a été revu

Le Nutri-Score a été conçu pour traduire, en une lettre et une couleur, la qualité nutritionnelle globale d’un aliment pour 100 g ou 100 ml. Depuis sa création, les recommandations nutritionnelles ont évolué et plusieurs angles morts ont été identifiés — notamment le traitement des boissons édulcorées et la place du sel et des sucres.

Le comité scientifique réunissant plusieurs pays européens ayant adopté le logo a donc proposé une révision. Résultat : selon les estimations relayées lors de son adoption, la note change pour 30 à 40 % des produits alimentaires.

Ce qui change concrètement en rayon

  • Les boissons. C’est le changement le plus visible. L’eau reste la seule boisson classée A. Les boissons édulcorées, souvent notées B auparavant, basculent désormais entre C et E : l’algorithme tient compte pour la première fois de la présence d’édulcorants, conformément à la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé de ne pas encourager leur consommation.
  • Le sucre et le sel. Les teneurs élevées sont plus fortement pénalisées qu’auparavant, ce qui déclasse une partie des céréales du petit-déjeuner, des sauces et des produits de snacking.
  • Les matières grasses. La grille distingue mieux les profils d’acides gras, ce qui modifie le classement de certaines huiles et de certains produits laitiers.

Comment lire une étiquette pendant la transition

Depuis le 16 mars 2025, les fabricants disposent de deux ans pour mettre leurs emballages en conformité. Pendant cette période, les deux calculs coexistent en rayon. Un logo spécifique « Nouveau calcul » peut être apposé sur les produits déjà passés au nouvel algorithme.

Conséquence pratique : sur cette fenêtre, comparer deux produits d’une même catégorie n’a de sens que si les deux relèvent du même calcul. En cas de doute, la bonne méthode reste de basculer sur le tableau nutritionnel obligatoire, au dos de l’emballage, et de comparer directement les grammes de sucres, de sel et de matières grasses saturées pour 100 g.

Ce que le Nutri-Score ne dit toujours pas

Rappelons ses limites, elles n’ont pas changé :

  • Il est facultatif en France : son absence sur un produit ne signifie rien en soi.
  • Il compare des produits à l’intérieur d’une même catégorie. Comparer un fromage à une soupe n’a aucun intérêt.
  • Il ne mesure ni le degré de transformation, ni la présence d’additifs, ni l’origine des matières premières, ni le mode de production. Un produit classé A peut être ultra-transformé ; un produit brut de qualité peut être classé D à cause de sa teneur naturelle en matières grasses.
  • Il raisonne pour 100 g, pas par portion réellement consommée.

Autrement dit, c’est un outil de tri rapide, pas un label de qualité. Pour les critères qu’il ignore — mode de production, saisonnalité, provenance — les repères sont ailleurs : voyez nos rubriques Le monde Bio et Produits du terroir, et nos autres repères d’achat dans Mieux Consommer.

Questions fréquentes

Depuis quand le nouveau Nutri-Score s’applique-t-il ?

L’arrêté a été signé le 14 mars 2025 et le nouvel algorithme est applicable depuis le 16 mars 2025. Les industriels ont deux ans à compter de cette date pour adapter leurs emballages.

Pourquoi les boissons light sont-elles moins bien notées ?

Le nouvel algorithme intègre pour la première fois la présence d’édulcorants. Les boissons édulcorées passent ainsi d’un classement B à un classement compris entre C et E. L’eau demeure la seule boisson notée A.

Le Nutri-Score est-il obligatoire sur les emballages ?

Non. Son apposition reste volontaire pour les fabricants et les distributeurs. Le tableau des valeurs nutritionnelles, lui, est obligatoire sur la quasi-totalité des denrées préemballées.

Sources

Bastien
Bastien
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