Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est obligatoire pour tous les producteurs de déchets en France — particuliers compris. Deux ans plus tard, la mesure reste mal identifiée : beaucoup l’ont comprise comme une contrainte de plus, alors qu’elle vise le tiers du contenu de nos poubelles.
Ce que dit exactement la règle
L’obligation découle de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dite loi AGEC, qui transpose une exigence européenne. Elle impose que les biodéchets soient séparés des ordures ménagères résiduelles et orientés vers une valorisation organique — compostage ou méthanisation — plutôt que vers l’incinération ou l’enfouissement.
Les biodéchets, ce sont :
- les restes alimentaires : épluchures, restes de repas, produits périmés déballés, marc de café, sachets de thé ;
- les déchets verts : tontes, feuilles mortes, tailles de haies, fleurs fanées.
Un point rassure souvent : aucune sanction n’est prévue à l’encontre des particuliers. L’obligation pèse en pratique sur les collectivités, qui doivent proposer à chaque habitant une solution de tri. Pour le foyer, il s’agit d’une incitation forte, pas d’une pénalité.
L’enjeu chiffré
Le gisement est massif. Selon l’ADEME, les biodéchets représentaient en 2022 environ un tiers du contenu des poubelles résiduelles des Français, soit de l’ordre de 83 kg par habitant et par an jetés avec les ordures ménagères alors qu’ils étaient valorisables.
Le déploiement progresse : en juillet 2025, 51,6 % des Français — soit 35,1 millions d’habitants — avaient accès à une solution de tri des biodéchets, contre 32,1 millions un an plus tôt. La couverture reste donc partielle, avec de fortes disparités entre territoires urbains et ruraux.
Quelle solution selon votre situation
- Vous avez un jardin. Le compostage individuel reste la solution la plus simple et la moins coûteuse. Un composteur, un emplacement mi-ombragé, un équilibre entre matières humides (épluchures, tontes) et matières sèches (feuilles, carton brun, broyat), et le tour est joué. Beaucoup de collectivités subventionnent l’achat du bac.
- Vous vivez en appartement. Trois options : la borne d’apport volontaire de quartier, le composteur partagé en pied d’immeuble, ou le lombricomposteur d’intérieur — silencieux et inodore s’il est bien conduit.
- Votre commune organise une collecte séparée. Un bac ou un seau dédié vous est fourni, avec un calendrier de ramassage propre. Les sacs compostables normés sont alors généralement acceptés ; les sacs plastiques classiques, jamais.
Les erreurs qui découragent
La plupart des abandons viennent de trois problèmes évitables :
- Les odeurs et les moucherons : signe d’un excès de matières humides. La correction est immédiate — ajoutez du carton brun déchiré, des feuilles mortes ou du broyat, et brassez.
- Un compost qui n’évolue pas : trop sec, ou trop compacté. Arrosez légèrement et aérez.
- Les intrus : les autocollants de fruits, les capsules de café non compostables, les sachets de thé à trame plastique et le contenu des sacs d’aspirateur n’ont rien à y faire.
Viandes, poissons et produits laitiers sont acceptés en collecte industrielle et en méthanisation, mais déconseillés dans un composteur domestique — ils attirent les rongeurs et se dégradent mal à froid.
Pour aller plus loin sur la conduite d’un compost et son usage au potager, voyez nos guides Conseils et Astuces et Vie à la Campagne.
Le vrai bénéfice, il est dans le seau
Au-delà de la réglementation, le tri des biodéchets a un effet secondaire que rapportent la plupart des foyers qui s’y mettent : il rend le gaspillage alimentaire visible. Voir passer chaque semaine des produits entiers non consommés dans le bac à compost change les habitudes d’achat plus efficacement que n’importe quelle campagne. Et le compost obtenu remplace un amendement acheté.
Questions fréquentes
Le tri des biodéchets est-il obligatoire pour les particuliers ?
Oui, depuis le 1er janvier 2024, l’obligation de tri à la source concerne tous les producteurs de biodéchets, particuliers inclus. Aucune sanction n’est toutefois prévue pour les ménages : la loi impose surtout aux collectivités de proposer une solution.
Que peut-on mettre dans un composteur de jardin ?
Épluchures, restes de fruits et légumes, marc de café, sachets de thé sans trame plastique, coquilles d’œufs écrasées, essuie-tout non imprimé, feuilles mortes, tontes en petite quantité et broyat. Évitez viandes, poissons et laitages en compostage domestique.
Combien de biodéchets jette-t-on inutilement ?
D’après l’ADEME, les biodéchets représentaient en 2022 environ un tiers des poubelles résiduelles, soit de l’ordre de 83 kg par habitant et par an.

